Mercredi 31 décembre 2003 — Dernier ajout jeudi 6 mai 2010

Deuxième symbole du concile de la Dédicace (341)

La deuxième formule d’Antioche est la seule profession de foi officiellement ratifiée par le concile. Elle reprend peut-être un credo de Lucien d’Antioche. En tous cas, elle est marquée par les thèses de l’un de ses disciples, Astérius le Sophiste, qui disait, « qu’il faut penser que le Père est véritablement Père et le Fils véritablement Fils et de même le Saint Esprit. » (Marcel d’Ancyre, Frag. 65 (1)). Cette profession de foi deviendra la référence de l’arianisme officiel, l’homéisme, un arianisme modéré qui cherchera à tracer une voie moyenne entre l’arianisme radical et le sabellianisme.

Le concile de la Dédicace eut lieu à Antioche de Syrie entre le 22 mai et 1er septembre 341. Composée d’une centaine d’évêques, l’assemblée conciliaire fut fortement influencée par les ariens modérés réunis autour d’Eusèbe de Nicomédie († 341-342). Ceux-ci étaient en quête de légitimité car ils avaient été condamnés par le pape Jules II lors du concile de Rome de 340, pour avoir professé une foi arienne et obtenu de manière frauduleuse la déposition d’Athanase d’Alexandrie et de Marcel d’Ancyre (celui-ci avait été déposé pour hérésie en 336. Sa manière de rendre compte de l’unité du Père, du Fils et de l’Esprit était effectivement problématique. Il fut cependant accueilli dans la communion romaine parce qu’il était un nicéen convaincu et que Rome était peu sensible au danger du sabellianisme). Le concile d’Antioche s’exprima sur des questions disciplinaires et produisit quatre professions de foi (voir ATHANASE, De Synodis22-25) qui, sans être explicitement ariennes, évitaient avec soin d’utiliser le mot consubstantiel qui avait été employé au concile de Nicée (325) et visent particulièrement les thèses monarchiennes et modalistes défendues par Marcel d’Ancyre. Vous trouverez ici le texte de la deuxième de ces professions de foi (texte grec et traduction en regard). Télécharger.