Jeudi 24 mars 2005 — Dernier ajout samedi 3 avril 2010

Grégoire de Nysse : Ceci est mon corps

Méditation pour un Jeudi Saint

Par sa mort, Jésus a offert le salut à toute l’humanité. Ce salut, cependant, n’est pas la conséquence de la nécessité ou du destin, mais d’une vie librement et pleinement assumée. Grégoire de Nysse († 395) nous invite à reprendre conscience de cela à partir de sa méditation de la sainte Cène.

e Seigneur déclare : Personne ne m’enlève la vie, mais je la livre de moi-même ; j’ai pouvoir de la livrer, et j’ai pouvoir de la reprendre (Jn 10, 18).

Le Maître de toutes choses n’attend pas d’être contraint par la trahison, ou l’attaque criminelle des Juifs, ou le jugement inique de Pilate, pour inaugurer et provoquer le salut de tous les hommes. Au contraire, il anticipe cette attaque de manière indicible, par son sacrifice, et, invisible aux hommes, il s’est livré lui-même en offrande et victime pour nous, lui le prêtre et en même temps l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde (Jn 1, 29).

Institution de l'eucharistieQuand donc cela a-t-il eu lieu ? Lorsqu’il a rendu mangeable son corps et buvable son sang pour ses apôtres. Il est tout à fait clair en effet que personne n’aurait pu manger cet agneau, si celui-ci n’avait pas été immolé auparavant. Celui qui a donné à ses disciples son corps à manger indique ainsi clairement que l’agneau a déjà été sacrifié, car on ne pourrait manger le corps de la victime si elle était encore vivante. De la sorte, lorsqu’il a offert à ses disciples de manger son corps et de boire son sang, déjà sans que cela apparaisse, par le pouvoir de celui qui dispense le mystère, son corps avait subi le sacrifice, indiciblement, invisiblement.

Source :

Grégoire de Nysse, Sur les trois jours entre la mort et la résurrection du Seigneur. D’après le texte de Grégoire de Nysse, Le Christ pascal, Trad. Ch. Bouchet et M. Canévet, Paris 1994.